Une citation de Voltaire est régulièrement utilisée sur les réseaux sociaux comme témoignage historique de la prétendue tolérance islamique en Espagne conquise par les Arabes. La citation est authentique. La manipulation commence lorsqu’un jugement comparatif formulé par un auteur du XVIIIe siècle est dissocié de la période historique qu’il décrit, isolé du reste du texte du même chapitre, et transformé en une conclusion générale sur des siècles de domination musulmane.
« Les vainqueurs n’ont pas abusé du succès de leurs armes ; ils ont laissé leurs biens, leurs lois et leur culte aux vaincus, se contentant d’un tribut et de l’honneur du commandement. […] Les Arabes furent les plus cléments de tous les conquérants de la terre et apportèrent à l’Espagne de nouvelles sciences et de nouveaux arts. »
Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations , chap. XXVII
Le sens est déjà présent dans la citation : Voltaire parle de vainqueurs et de vaincus , de tribut et de « l’ honneur du commandement ». Il juge ensuite les Arabes plus cléments que d’autres conquérants. Il ne décrit pas une société fondée sur l’égalité religieuse.
- Cette citation appartient à la première phase de la conquête
- Tribut et « clémence » : le pragmatisme de la conquête
- Le pacte de Tudmīr : protection en échange de soumission
- Dhimma : la soumission juridique des non-musulmans
- Ce que Voltaire a écrit dans les phases ultérieures
- Al-Andalus n’était pas huit siècles de tolérance
- Voltaire ne relève pas de l’historiographie moderne
- « Plus clément » ne signifie pas « égal ».
- Le montage apologétique
Voltaire et la tolérance islamique : cette citation appartient à la première phase de la conquête
Cette phrase se trouve au chapitre XXVII de l’ Essai sur les mœurs , intitulé De l’Espagne et des musulmans maures au VIIIe et IXe siècles. Voltaire y relate la conquête de la péninsule wisigothique et l’organisation initiale du pouvoir musulman : l’arrivée de Ṭāriq, la défaite de Rodrigo, la soumission du territoire et la condition des chrétiens durant les premières décennies de la nouvelle domination. C’est dans ce contexte qu’il qualifie les Arabes comme « les plus cléments de tous les conquérants de la terre ».
Ce jugement s’applique à la période analysée par Voltaire. Il ne décrit pas automatiquement al-Andalus de 711 à 1492. Pendant près de huit siècles, l’émirat et le califat de Cordoue, les taïfas, les Almoravides, les Almohades et les Nasrides se sont succédé, chacun avec ses propres relations politiques et religieuses. Appliquer une appréciation de la première conquête à toute l’histoire musulmane de la péninsule revient à nier la chronologie. C’est précisément l’un des mécanismes sur lesquels repose le mythe d’al-Andalus et de la convivencia : différentes périodes, dynasties et situations sont comprimées en une seule image édifiante d’une « Espagne islamique tolérante ».
Tribut et « clémence » : le pragmatisme de la conquête
Ce même chapitre empêche que la formule de Voltaire ne se transforme en une célébration de l’égalité religieuse. Quelques lignes avant l’éloge de la clémence arabe, évoquant la veuve de Rodrigo et ʿAbd al-ʿAzīz, Voltaire affirme que les armes du conquérant ont réduit son pays et sa religion en « servitude ». Peu après, il décrit les vainqueurs laissant aux vaincus leurs biens, leurs lois et leur culte, mais se contentant d’un tribut et de l’honneur de commander. Poursuivant son récit, il parle à nouveau des chrétiens tributaires, du « joug », de l’hommage et de la domination musulmane.
Ce que Voltaire appelait « clémence » doit également être replacé dans la logique politique des premières phases d’une conquête. Une armée qui vient d’occuper un vaste territoire a intérêt à ne pas détruire ce dont elle a besoin pour le gouverner : administration, système fiscal, autorités locales, biens productifs et structures communautaires. Le maintien de ces structures sous une nouvelle souveraineté réduit les coûts de l’occupation, limite la résistance et permet de transformer rapidement le territoire conquis en une source de revenus.
Ce pragmatisme politico-administratif caractérisa également les premières conquêtes islamiques. Dans plusieurs territoires, les nouveaux dirigeants utilisèrent les fonctionnaires, les structures fiscales et les compétences héritées des systèmes précédents plutôt que de les remplacer immédiatement. Même dans la péninsule Ibérique, la capitulation pouvait se révéler bien plus avantageuse que la destruction : elle permettait de préserver ce qui fonctionnait, de le subordonner au nouveau pouvoir et d’obtenir obéissance et tribut . La doctrine juridique classique du jihad allait par la suite systématiser le lien entre conquête, soumission, tribut et traitement des populations conquises.
Voltaire : les conquérants qui conservent le commandement et le tribut, mais qu’il juge plus cléments que les autres conquérants.
Logique de la conquête : préserver les structures et l’autorité des vaincus facilite l’administration du territoire et la perception des revenus.
Relecture apologétique : tout cela deviendrait la preuve d’une tolérance religieuse particulière envers l’islam.
La clémence relative du conquérant n’équivaut pas à l’égalité du conquis, et le pragmatisme avec lequel une nouvelle puissance préserve ce dont elle a besoin ne devient pas une vertu religieuse simplement parce qu’elle évite de le détruire.
Le pacte de Tudmīr : protection en échange de soumission
Le pacte de Thoudmir de 713 illustre concrètement cette logique. L’accord conclu entre ʿAbd al-ʿAzīz ibn Musa et Théodomir, souverain wisigoth d’une partie du sud-est de la péninsule, permit au nouveau pouvoir de contrôler le territoire sans en démanteler l’ensemble de l’organisation. Théodomir conserva son poste ; ses partisans reçurent des garanties concernant leur vie, leurs familles, leurs biens et leurs églises, et ne furent pas contraints d’abjurer le christianisme.
Ces garanties étaient toutefois assorties de conditions précises : la reconnaissance de la nouvelle autorité, la loyauté politique, l’interdiction d’aider ou de dissimuler ses ennemis, la collaboration en matière d’information et le versement annuel d’un tribut en argent et en nature. L’avantage pour le conquérant était évident : l’élite locale continuait de gouverner une population qu’elle connaissait, l’économie restait productive, la résistance était réduite et la nouvelle puissance en tirait profit.
Le pacte de Tudmīr ne décrit pas deux communautés placées sur un pied d’égalité. Il relate l’histoire d’un vainqueur qui accorde sécurité et continuité aux vaincus aux conditions établies par le nouveau souverain : obéissance, collaboration et tribut .
La formule de Voltaire – culte préservé, tribut payé, conquérants aux commandes – acquiert ainsi une signification bien moins édifiante que celle que lui attribue l’apologétique. La préservation du culte était parfaitement compatible avec la subjugation politique et fiscale ; en effet, dans la phase initiale de la conquête, elle pouvait la rendre plus simple, plus stable et plus profitable.
Dhimma : la « protection » des vaincus au sein d’un système de soumission
Lorsque Voltaire écrivait que les conquérants laissaient aux vaincus leurs biens, leurs lois et leur culte, « se contentant du tribut et de l’honneur du commandement », il décrivait une structure de domination, non une société d’égaux. En droit islamique classique, la subordination des non-musulmans trouvait une forme juridique dans la dhimma : chrétiens et juifs pouvaient conserver leur religion sous la suzeraineté musulmane en payant la jizya et en acceptant un statut distinct et inférieur. Pour la structure normative de la dhimma et les restrictions imposées aux non-musulmans, voir également la Charte d’Omar et la Condition du dhimmi .
Le fondement coranique fondamental se trouve dans le verset 9:29 , qui ordonne de combattre les Gens du Livre jusqu’au paiement de la jizya , sous la condition exprimée par le terme ṣāghirūn , associé à la sujétion et à l’humiliation. Les développements juridiques ultérieurs ont traduit cette hiérarchie confessionnelle en différences de statut et en restrictions qui, selon l’époque et l’école, affectaient le culte public, les édifices religieux, les fonctions publiques, le témoignage, l’habillement et les relations d’autorité.
La dhimma n’était pas l’égalité religieuse : elle permettait aux non-musulmans de continuer à vivre dans leur propre foi tant qu’ils reconnaissaient la suprématie politique islamique, payaient un tribut et acceptaient un statut juridiquement subordonné.
Qualifier cela de « tolérance » revient à en inverser le sens. Être épargné, imposé et maintenu sous l’autorité d’un pouvoir religieux supérieur ne signifie pas être traité comme un égal : cela signifie être toléré dans la mesure où l’on accepte la soumission.
Ce que Voltaire a écrit dans les phases ultérieures
Les autres chapitres de l’ Essai soulignent davantage le problème du copier-coller. Voltaire n’applique pas indistinctement le jugement formulé sur la première conquête aux siècles suivants. La phase historique, objet d’analyse et registre même se transforment.
VIIIe-IXe siècle : conquête et subordination
Au chapitre XXVII, Voltaire présente les Arabes comme les conquérants relativement cléments, mais le tableau reste celui d’un pays soumis : servitude, tribut, ordre, hommage et joug. La clémence tient à la manière dont il conçoit l’exercice de la victoire ; elle n’abolit pas le rapport entre vainqueurs et vaincus.
Cordoue musulmane : culture puis fragmentation
Au chapitre XLIV, Voltaire aborde l’Espagne musulmane désormais consolidée. Son analyse culturelle est globalement positive : il fait l’éloge de Cordoue et attribue aux Arabes le développement de la géométrie, de l’astronomie, de la chimie et de la médecine. Cependant, lorsqu’il relate la fragmentation politique qui s’ensuit, son ton change et il impute la corruption des souverains musulmans au luxe et au plaisir. L’histoire de Cordoue et son utilisation dans le mythe moderne d’al-Andalus démontrent également l’inadéquation de transformer une phase culturelle importante en une simple répétition générale de la nature du système politique et religieux.
XIIe-XIIIe siècles : déclin politique et militaire
Au chapitre LXIV, le tableau se transforme à nouveau. Voltaire relate les invasions d’Afrique du Nord, les Navas de Tolosa et l’avancée progressive des royaumes chrétiens. Il écrit que « les Maures n’étaient pas plus sages que les chrétiens » et, évoquant l’habileté militaire, les juge, à ce stade, inférieurs aux Espagnols. Cordoue, Valence, Murcie et Séville passent peu à peu sous domination chrétienne. Le ton n’est plus celui des conquérants triomphants du chapitre XXVII.
Après Grenade : Les Arabes contre l’Inquisition
Au chapitre CXL, Voltaire change à nouveau de perspective. Il s’attaque à l’Inquisition et aux conversions forcées imposées après la conquête chrétienne de Grenade. Pour les condamner, il oppose favorablement la conduite des Arabes, arguant qu’ils n’avaient pas contraint les premiers chrétiens d’Espagne à se convertir à l’islam. Les Arabes deviennent ainsi un instrument de la polémique des Lumières contre l’intolérance chrétienne.
Voltaire formule ainsi des analyses contextuelles des phases qu’il examine : la conquête et une relative clémence au chapitre XXVII, la splendeur culturelle et la fragmentation au chapitre XLIV, le déclin politico-militaire au chapitre LXIV et la confrontation polémique avec l’Inquisition au chapitre CXL. Extraire l’une de ces analyses et en faire la définition définitive de l’islam en Espagne revient à instrumentaliser Voltaire contre la structure même de son récit.
Al-Andalus n’était pas huit siècles de tolérance
L’extension de la formule de Voltaire à la prétendue « tolérance de l’islam » contredit également l’histoire réelle d’al-Andalus. Les différentes dynasties n’ont pas suivi de politique religieuse uniforme. L’exemple le plus frappant est celui des Almohades, musulmans berbères qui ont régné sur une grande partie de la péninsule aux XIIe et XIIIe siècles et ont imposé des conversions forcées aux juifs et aux chrétiens.
La distinction ethnique est nécessaire : Voltaire, dans le passage original, parle d’« Arabes », tandis que les Almohades étaient des Berbères. Mais c’est précisément l’apologie qui étend cette expression des Arabes de la conquête à la prétendue tolérance de l’islam et à l’ensemble de l’expérience andalouse. C’est cette généralisation qui s’effondre face à la question almohade.
Al-Andalus a connu différentes administrations et politiques, des périodes de continuité pour les communautés chrétienne et juive, et des périodes de coercition religieuse. Réduire près de huit siècles à « les Arabes furent les conquérants les plus cléments » n’est pas un résumé : c’est substituer une citation à l’histoire. L’article consacré au mythe de la coexistence en al-Andalus offre une analyse plus complète .
Voltaire ne relève pas de l’historiographie moderne
Enfin, il y a un problème méthodologique fondamental. Voltaire est né en 1694 ; la conquête musulmane de la péninsule Ibérique a commencé en 711. L’ Essai sur les mœurs est une source sur la pensée de Voltaire et la culture historiographique du XVIIIe siècle, non une source primaire pour le VIIIe siècle, et encore moins une référence définitive pour la recherche moderne.
Le chapitre même utilisé par les apologètes le démontre. Voltaire situe la bataille décisive en 714, où Rodrigo fut vaincu par Ṭāriq, tandis que la reconstitution moderne situe la bataille et le début de la conquête en 711. Le cas des Mozarabes est encore plus flagrant : Voltaire les associe aux Espagnols ayant abandonné le christianisme et rapporte que le terme signifiait « demi-Arabes ». Mozarabe, en revanche, dérive de l’arabe mustaʿrib , « arabisé », et désigne des chrétiens culturellement arabisés, et non des convertis musulmans qualifiés de « demi-Arabes ».
Dans le même chapitre, Voltaire revient également sur la tradition des cent jeunes filles que Maurega devait livrer chaque année aux musulmans, une légende dont le caractère historique n’est pas avéré. Ce cas illustre parfaitement le problème : Voltaire ne peut s’ériger en autorité historiographique absolue sur la base d’une affirmation favorable, puis redevenir un auteur du XVIIIe siècle lorsque les recherches modernes corrigent le reste.
Le double standard : la formule « les plus cléments » est érigée en verdict historique ; la servitude, le joug et le tribut sont relégués au second plan ; les erreurs concernant les Mozarabes et la chronologie sont ignorées. Voltaire n’est pas lu : il est sélectionné.
Voltaire était favorable aux Arabes, mais « plus clément » ne signifie pas « égal ».
Voltaire exprime en réalité des opinions favorables aux Arabes. Il admire la culture de Cordoue, les juge relativement cléments lors de la conquête et les utilise contre les conversions forcées de l’Espagne chrétienne. Il n’est pas nécessaire de modifier sa pensée pour réfuter l’argument apologétique : il suffit de comprendre ce qu’il dit réellement.
« Les plus cléments de tous les conquérants de la terre » signifie « les plus cléments de tous les conquérants de la terre ». Le mot clé est « conquérants ». Voltaire compare différentes manières d’exercer la conquête et estime que les Arabes traitaient les conquis avec une relative modération, leur laissant possessions, lois et culte, tout en conservant l’autorité et le tribut.
Il s’agit d’un jugement comparatif, non d’une théorie de l’égalité religieuse. L’admiration que Voltaire portait à certains aspects de la civilisation arabe s’inscrit également dans son combat philosophique contre le fanatisme, le cléricalisme et l’Inquisition : démontrer que les musulmans pouvaient se comporter mieux que les chrétiens était aussi une manière typiquement voltairienne de s’attaquer à ces derniers.
La clémence relative du conquérant ≠ l’égalité juridique ≠ la liberté religieuse moderne ≠ la preuve de la tolérance intrinsèque de l’islam.
La citation de Voltaire est explicite : il s’agit d’une appréciation comparative des conquérants arabes de l’époque qu’il décrit. Elle ne prouve rien d’autre.
Le montage apologétique
L’opération est plus subtile que la fausse citation. Le « tribut » n’est pas physiquement effacé : il demeure inscrit devant le lecteur, mais vidé de son sens. « Le plus clément » devient le message à retenir ; « vainqueurs », « vaincus », « tribut » et « ordre » ne sont plus qu’ornements. La subordination décrite par Voltaire lui-même disparaît de la conclusion.
La chronologie disparaît alors. Le jugement porté sur les VIIIe et IXe siècles s’étend à toute l’histoire d’al-Andalus ; les Omeyyades, les taïfas, les Almoravides, les Almohades et les Nasrides ne forment plus qu’une seule et même « Espagne islamique tolérante ». Enfin, Voltaire est pris pour cible : ceux qui font l’éloge de la clémence et de la culture arabe sont mis en avant, tandis que ceux qui évoquent la servitude, le joug, le tribut, la corruption politique et le déclin sont passés sous silence. Même ses erreurs historiques deviennent imperceptibles.
Le résultat est construit à partir de la sélection de fragments : un jugement comparatif du XVIIIe siècle se transforme d’abord en une description générale d’al-Andalus, puis en une démonstration de la tolérance de l’islam.
Conclusion : la citation est authentique, mais pas la preuve.
Voltaire considérait en réalité les Arabes comme relativement cléments durant la phase de conquête qu’il décrivait, et les citait parfois à titre de comparaison favorable. Mais Voltaire lui-même parle de tribut, de commandement, de servitude et de joug ; par la suite, il nuance son propos en fonction du contexte historique. L’historiographie, quant à elle, reconstitue un système où la préservation de la religion, le pragmatisme administratif, la jizya , la dhimma et la subordination religieuse pouvaient parfaitement coexister.
L’opération apologétique consiste à prendre « les plus cléments », à les extraire de ce cadre et à transformer la clémence relative d’un conquérant en égalité religieuse, et donc en tolérance de l’islam. Ce sont là trois affirmations différentes, et seule la première est de Voltaire.
La citation est authentique. C’est l’argument apologétique qui s’en inspire qui ne l’est pas.
Sources
Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, chap. XXVII, «De l’Espagne et des musulmans maures au VIIIe et IXe siècles» ; chap. XLIV, «De l’Espagne et des mahométans de ce royaume, jusqu’au commencement du XIIe siècle» ; chap. LXIV, «De l’Espagne aux XIIe et XIIIe siècles» ; chap. CXL, sur la conquête de Grenade, les conversions et l’Inquisition.
Janina M. Safran, Defining Boundaries in al-Andalus: Muslims, Christians, and Jews in Islamic Iberia, Cornell University Press, 2013.
John Tolan, «Identity and Minority Status in Two Legal Traditions», dans Flocel Sabaté (dir.), Identity in the Middle Ages, Cambridge University Press, 2022.
Maribel Fierro, «The Religious Policy of the Almohads», dans Sabine Schmidtke (dir.), The Oxford Handbook of Islamic Theology, Oxford University Press.
Brian A. Catlos, Muslims of Medieval Latin Christendom, c. 1050–1614, Cambridge University Press, 2014.
Dominique Urvoy, «La pensée religieuse des Mozarabes face à l’Islam», Traditio, vol. 39.
Ira M. Lapidus, Islamic Societies to the Nineteenth Century: A Global History, Cambridge University Press, 2012.









